Dimanche 22 novembre 2009

En France, plus de la moitié des foyers ont un abonnement à internet. Son usage devient notamment indispensable et quotidien chez les plus jeunes, et ceux ci sont de fervents utilisateurs du peer to peer, ces plateformes d'échange de fichiers entre internautes. En effet, en 2005, déjà un tiers des utilisateurs connectés à haut débit téléchargaient illégalement, et un an plus tard, plus de la moitié. Le téléchargement illégal est donc très largement pratiqué dans notre pays, et appliquer une loi telle qu'Hadopi mettrai hors la loi une énorme part de sa population.
D'un côté, les artistes et les maisons de disque crient au vol, de l'autre, des internautes se plaignent de ne pas avoir les moyens financier d'acceder à la culture, et notamment à la musique. S'il est vrai qu'il faut respecter le travail des artistes en participant à leur financement, il semble difficile de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. On entend parfois dire que le téléchargement est un vol, au même titre que si l'on volait un disque dans un magasin. Mais cette comparaison est-elle valable ? En effet, le vol matériel suppose que si l'on s'empare d'un produit, celui qui le possédait à l'origine en sera alors privé. Or, dans le cas du téléchargement, il s'agit d'un partage volontaire. Mais avant de rechercher les solutions concernant le peer to peer, il ne faut pas oublier qu'internet cache bien d'autres aspects du sujet.
Ce que disent ceux en faveur des lois anti peer to peer évoquent souvent des plateformes telles que Deezer, qui permettent d'écouter de la musique en ligne, légalement, sans l'enregistrer. Mais alors, comment rentabiliser l'achat de son nouveau lecteur mp3 ou mp4 (objet dont les ventes ont explosées depuis l'avènement du téléchargement illégal, au même titre des lecteurs Divix et des CD gravables) ?
Internet peut aussi être un fabuleux moyen de se faire connaitre ou même de se produire. Citons par exemple le groupe Radiohead, qui pour son album "In Rainbows" avait décidé de se passer de maison de disque : les internautes choisissaient ainsi la somme qu'ils souhaitaient verser (ou non). Résultat, alors que 62% des internautes n'ont pas déboursé le moindre centime, le groupe n'a pas gagné moins d'argent qu'avec ses autres albums ! Dans le même type de démarche, il existe à présent un label en france, Spidart, qui rend le consommateur lui même producteur ! Ainsi, le groupe français Naosol & the Waxx Blend, qui avait auparavant créé un buzz sur le site Dailymotion grace à de nombreuses vidéos de reprises brillament réussites de chansons connues, a pu produire son album grace aux internautes. À croire que les utilisateurs d'internet ne sont pas si radins qu'on le prétend.
Dans une société où l'accès à la culture diffère malheureusement selon les classes sociales, et où internet tend à être utilisé par une partie de la population de plus en plus importante, il ne faut pas que nous restions figés sur d'anciens modèles de commercialisation. La culture mérite d'être accessible à tous et de manière égale, et internet ne peut plus être contourné : il est aujourd'hui indispensable de l'apréhender comme étant LE mode de commercialisation de demain. Il ne s'agit pas de préconiser le téléchargement illégal, car le travail des artistes mérite rémunération, mais de le comprendre, et de s'inspirer des techniques de promotion et de production sur internet qui ont déjà portés leur fruits (exemples de Radiohead et du label Spidart). Ainsi, il devrait être possible pour les artistes, les producteurs, et les consommateurs de demain de participer au commerce équitable de la musique.
Une jeune parisienne dont l'existence tourne autour de son mec, de ses
copines, de ses fringues, et surtout de ses chaussures... Banal, me direz vous ?